Les universitaires, professeur.e.s et étudiants gradué.e.s, sont fortement encouragé.e.s à voyager, que ce soit pour des conférences, du travail de terrain, ou des séjours de recherche. L'empreinte carbone de ce comportement est magistrale. Devant la crise climatique, les universitaires devraient-ils plutôt donner l'exemple ?

L'initiative Recherche Responsable vise à sensibiliser les universitaires sur cet enjeu. Sur ce site, vous trouverez des informations et des outils afin d'alimenter votre réflexion sur l'empreinte carbone et éthique de vos voyages académiques. Nous vous invitons à joindre le mouvement des universitaires qui réduisent l'impact de leurs voyages!

Informations

L'impact de l'avion

L'aviation représente 2% des émissions de GES globales, mais...

  • C'est le secteur avec la plus forte croissance d'émissions
    • Hausse de 75% des vols entre 1990 et 2012 ;
    • Hausse de 70% des émissions entre 2006 et 2019 ;
    • De 1,8 à 4,8 milliards de voyageurs en 2050, pour 6 fois les émissions de GES.
  • Pour un univeristaire moyen, l'aviation représente proche de 50% de ses émissions annuelles!

Budgets carbones:

GES canadien
GES professeur

Un vol transatlantique = 1.5 tCO2e

L’effet sur le réchauffement climatique de l’aviation est 2-4 fois plus élevé que le réchauffement dû au GES seuls, du fait de la formation de nuages en haute altitude. lien

Le voyage pour le travail

Voyages des universitaires au Canada:

  • À McGill, les professeurs font en moyenne trois voyages par année en avion. Professeurs et étudiants gradués voyagent en moyenne 13 000 km/année (Kramer and Manaugh, under review).
  • À l'Université de Montréal, les professeurs voyagent en moyenne 33 000 km/année pour un total de 7.5 tCO2, les postdocs 13 600 km/année et les étudiants gradués 5900 km/année (Arsenault et al., Environ Res Lett, 2019)
  • À UBC, les professeurs voyagent en moyenne 45 000 km/année, pour un total de 7.5 tCO2 pour les professeurs titulaires, 5.4 tCO2 pour les professeurs associés et 2.4 tCO2 pour les étudiants gradués
60% des voyages sont pour assister à des conférences et 16% pour du travail de terrain.

Selon une étude récente (Whynes et al., J Clean Prod, 2019), il n'y a toutefois pas de corrélation entre la réussite académique et le voyagement au-delà d'un vol par année.

Correlation
Whynes et al., J Clean Prod, 2019

De plus, 5 à 10% des voyages sont évitables: aller-retour en une journée ou courtes distances.

Il n'y a pas de différence dans les émissions d'une département qui étudie des disciplines vertes et pas (Whynes et al., 2019). Les gens qui ont un emploi dans le domaine de l'environnement prennent moins l'avion pour leurs vacances personnelles, mais autant pour le travail que d'autres secteurs tels que l'économie et la médecine (Balmford 2017).

Les solutions

Les compensations carbone

L’achat de compensation ou crédits carbones ne représente pas une solution absolue aux voyages en avion.

  • Solution non généralisable
  • Certains crédits carbones sont peu fiables

Les alternatives

Transport kg CO2e Unité
Avion (classe économie) 0,5 par km-passager
Voiture 0,3 par km
Train (Am. Nord) 0,09 par km-passager
Bus voyageur 0,04 par km-passager
Source: Kalmus, Being the Change, 2017.

Si vous prenez l'avion, évitez les escales

Liens et références

Calculateurs d'empreinte carbone

Quelques références

  • Langin, K., 2019, Science, Why some climate scientists are saying no to flying lien
  • Arsenault, J. et al., 2019, Environ. Res. Lett., The environmental footprint of academic and student mobility in a large research-oriented university lien
  • Whynes, S. et al., 2019, J. Clean Prod., Academic air travel has a limited influence on professional success lien
  • Kramer, G. & Manaugh, K., 2017, Understanding the determinants and impacts of academic long-distance travel, 96th annual transportation research board meeting, Washington D.C.
  • Le Devoir, Voyager en avion: oui ou non? Débat, Montréal 25 sept. 2019. lien
  • Peter Kalmus. Being the Change: Live Well and Spark a Climate Revolution, New Society Publishers, 2017.
  • Klower, M., 2019, The travel carbon footprint of the AGU Fall Meeting 2019. lien

Signez l'engagement

Consulter la liste des signataires. Pour voir la liste complète, parcourez les divers onglets situés au bas de la page.

Évènements

Présentation dans votre département

Notre principal outil de sensibilisation sont des présentations dans divers départements, devant professeurs et étudiants. La présentation est d'environ 30 minutes, suivie par une période de discussion avec le public toujours fort intéressante. Elle vise à informer l'auditoire sur les données et les diverses études sur le sujet.

Nous avons déjà réalisé cette présentation dans de nombreux départements dans diverses universités montréalaises.

Il nous ferait grand plaisir de venir présenter dans votre département, association étudiante ou regroupement de recherche! Contactez-nous

Évènements passés et à venir

Évènements à venir

Évènements passés

  • Geotop, UQAM, 22 janvier 2020. 12:00, PK-7605.
  • Département de physique, Université de Montréal, 17 janvier 2020.
  • Loyola Sustainability Research Center, Concordia University, 10 janvier 2020.
  • CIRAIG, Polytechnique Montréal, 9 janvier 2020.
  • Département d'anthropologie, Université de Montréal, 12 décembre 2019.
  • Département de géographie, Université de Montréal, 29 octobre 2019.
  • Earth and Planetary Sciences department, McGill University, 22 octobre 2019.
  • Atmospheric and Oceanic Sciences department, McGill University, 18 octobre 2019.

Qui sommes-nous

L'initiative Recherche responsable est née de mon inconfort grandissant devant la quantité de voyages en avion que font les universitaires sans la moindre culpabilisation, particulièrement de la part des scientifiques qui étudient le climat. Cet inconfort s'est accentué à mesure de mes recherches, lorsque j'ai réalisé que les voyages en avion d'un universitaire moyen représentaient effectivement une très grande fraction de ses émissions annuelles. J'ai alors ressenti le besoin de trouver une manière positive de sensibiliser les scientifiques autour de moi à cette question.

Mathilde Jutras

Mathilde Jutras
Après un baccalauréat en physique à l'Université de Montréal, je me suis intéressée à l'application de mes connaissances aux questions environnementales. J'ai fait une maîtrise en sciences climatiques à l'Université McGill, sur la dynamique de la glace dans l'Arctique. À la recherche de solutions plus concrètes, j'ai ensuite migré vers les sciences sociales. J'ai fait de la recherche en gouvernance environnementale à l'École nationale d'administration publique à Montréal. Finalement, mon amour des sciences et de la nature m'a ramené vers les sciences naturelles, et j'ai entamé en 2018 un doctorat en océanographie physique et chimique à l'Université McGill, sur la désoxygénation du Saint-Laurent. Lors de mes recherches sur l'impact du voyagement des universitaires, j'ai fait la connaissance de Julien, qui avait mené une étude sur ce sujet à l'Université de Montréal.